12-La "soliloca" aime les jeux de hasard



Je soliloque
Tu soliloques

Joute verbale, improvisation totale à deux, l’un soi, l’autre contre moi !
Tu m’enjoins :  -Parle !

Pile - Alors je prends la parole du geste, pas forcée comme quand j’avais la tête sous l’eau trop longtemps peinant à reprendre mon souffle au sortir, mais accueillie et appréciée, mon pouls s’accommodant de votre présence, malgré toutes les appréhensions qui m’étreignaient du fait que je n’avais guère confiance en premier lieu en ma personne. Ainsi je joue à la marelle, vous m’aviez enseignée cette merveille de jeu, j’aimais tant défier la chance, la saisir, et improviser mon premier rôle d’espiègle et d’enjouée ; le ciel de craie tracé sur le bitume est à portée de mon saut, je me penche pour ramasser furtivement le caillou. Puis me relève, le dos courbé par la peur de le faire ? C’est ainsi ? alors je me redresse eh bien deux fois plus vite !!! Je joue, et rejoue ;

Face – J’ai rejoint aujourd’hui la Raison ; enfin ce jour arrive, celui où tous les miasmes de mon corps et de mon esprit –si j’en eus un, un jour, de corps- enfin me quittent, et me libèrent ; je peux crier, le mors est lâche, mes mots s’humectent jusqu’à  pouvoir s’épeler enfin dans leur sens premier. La parole s’incarnant dans les mots se plaisant à se créer, se joindre ou s’étirer jusqu’à la bordure de l’orée du dicible. D’un coup je pouvais regagner cette rive. Enfin plutôt gigoter de mes quatre membres en plus de ma tête, esquisser une nage de salle de bain et puis foncer à mon rythme singulier vers la berge… Je sais que je vous la dois, cette vie amphibie avec cette soudaine langueur délectable. Oui, ainsi je prends bien conscience dès cet instant que vous en êtes le créditeur bienveillant. Cet horizon, eh bien je ne le conscientisais guère avant je vous l’assure. Et puis les nuages se sont déchirés en une sorte d’épiphanie dans ma satanée cervelle grise désormais béante et béate ; Le sens arrive à qui sait attendre. Jamais je ne dirai plus jamais, du cul-de-sac je virevolte ma sortie, qui de plus ne tardera pas à m’indiquer ma seconde vie, vers laquelle je cours gaiement avec l’insouciance écervelée du gracié.


-N'ayez crainte il ne s'agit ni de moi ni de vous, j'aime à me jouer les tumultes d'un dé les déboires d'une pièce...


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